L’arbre est parti, la souche est restée. Elle dépasse de vingt centimètres au milieu de la pelouse, gêne la tondeuse, bloque le projet de terrasse, ou ne dérange personne. Le métier parle de dessouchage pour l’ensemble des façons de s’en occuper, et il en distingue quatre. Aucune n’est la bonne dans l’absolu : tout dépend de ce que vous voulez faire de cet endroit.
Rogner : la solution courante
Le rognage se fait avec une rogneuse, que certains appellent grignoteuse : une machine qui réduit la souche en copeaux. Selon la fiche technique du réseau d’arboristes Sequoia, elle traite la souche et les racines superficielles sur environ 30 cm de profondeur. Un cahier des charges communal, celui de Coupvray, exige 40 cm au minimum. L’écart entre ces deux chiffres est la première question à poser : quelle profondeur est prévue, et est-elle écrite ?
Pour une terrasse, une allée ou une nouvelle plantation au même endroit, demandez la profondeur qui correspond au projet, et faites-la figurer au devis.
Le rognage laisse des copeaux. Ils peuvent rester sur place pour combler le trou ou partir : la grille de Travaux.com les compte en plus. Leur devenir se discute avant le chantier ; les options sont dans branches et copeaux.
Arracher : pour les gros chantiers
L’arrachage à la pelle mécanique extrait la souche avec une grande partie des racines. Sequoia le réserve aux gros chantiers et le déconseille près des réseaux enterrés. Il retire plus de matière que le rognage, et le terrain est à reprendre ensuite. C’est l’option à envisager quand on construit à cet endroit ou quand plusieurs souches se trouvent sur un terrain à terrasser.
Dévitaliser : ce que le particulier ne peut plus faire
Dévitaliser, c’est tuer la souche pour qu’elle ne rejette plus et se décompose. Sequoia signale deux limites : le produit peut passer aux arbres voisins quand leurs racines sont soudées, et certaines essences, peupliers et robiniers notamment, rejettent malgré tout. La même fiche écarte le chlorate de soude.
Surtout, pour un particulier, la question est réglée par la loi : depuis le 1er janvier 2019, l’utilisation et la détention de produits phytopharmaceutiques sont interdites aux particuliers, en dehors des produits de biocontrôle, à faible risque ou autorisés en agriculture biologique. Un produit chimique pour tuer une souche n’a donc plus sa place dans l’abri de jardin. Les grilles commerciales qui affichent encore une ligne « dévitalisation chimique » décrivent une prestation de professionnel, pas un geste à faire soi-même.
Laisser : un choix qui a ses raisons
Sequoia cite la souche laissée en place comme une option à part entière, pour ce qu’elle apporte à la biodiversité du jardin. Elle devient un problème si l’arbre rejette, si elle gêne un projet, ou si elle se trouve sur un passage où l’on risque de trébucher.
Les quatre options côte à côte
| Option | Profondeur ou effet | Quand la choisir | Fourchette relevée |
|---|---|---|---|
| Rognage | Souche et racines de surface, 30 à 40 cm selon les sources | Pelouse, plantation, la plupart des jardins | 80 à 350 € TTC par souche selon une grille |
| Arrachage à la pelle | Souche et racines principales | Construction, terrassement, souches multiples | 300 à 800 € selon une entreprise, plus pour les gros chantiers |
| Dévitalisation | Arrêt des rejets, décomposition lente | Par un professionnel seulement | Ligne présente dans certaines grilles |
| Laisser | Aucun travail | Coin de jardin sans projet | Rien |
Fourchettes commerciales, à lire avec leurs réserves sur la page consacrée aux prix du dessouchage.
Le détail par diamètre de souche, par méthode et par grille est dans le prix du dessouchage. À retenir ici : une entreprise des Hautes-Pyrénées chiffre le rognage de 50 à 100 € pour une souche de moins de 20 cm de diamètre et à 400 € et plus au-delà de 80 cm, et un abattage suivi d’un rognage entre 400 et 900 €. Mieux vaut décider du sort de la souche avant l’abattage ; voir le démontage par rétention pour les chantiers où l’arbre part en morceaux.
Et la location de rogneuse ?
Le tarif public d’un grand loueur donne un ordre d’idée : 274,94 € TTC la journée pour une rogneuse de 10 chevaux, 675,40 € TTC pour une machine de 25 chevaux, transport et consommables en sus. Il faut ajouter le temps, la manutention et le risque de manier soi-même une machine de coupe. Pour une souche isolée, la comparaison avec un rognage fait par une entreprise se fait vite.
Le crédit d’impôt, pour mémoire
Aucune source officielle consultée ne traite du dessouchage au titre des services à la personne. Une entreprise annonce un crédit d’impôt de 50 % sur ce poste ; rien dans la doctrine publique ne vient l’appuyer, et le dessouchage n’a rien d’un entretien courant de jardin. Ne comptez pas dessus.
À vérifier à la réception
La profondeur de rognage annoncée, le sort des copeaux, l’état du terrain autour, et l’absence de dégâts sur les réseaux ou les bordures. Ces points font partie de la check-list de réception, et doivent d’abord figurer sur le document signé : lire un devis.
